
Maladies et parasites des Anémones
Traiter naturellement les champignons et parasites
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Les anémones égaient le milieu du printemps de leur fraîcheur et de leurs couleurs bleu, blanc, rouge ou rose ! Anémones des bois, Anémones de Caen ou de Grèce, toutes ces charmantes bulbeuses printanières sont très faciles à vivre et globalement très robustes. Mais il arrive qu’elles soient affaiblies par un champignon ou un ravageur indésirable, comme le mildiou ou les limaces.
Voici les quelques problèmes auxquels les anémones à bulbe (à cormes pour être précis) peuvent être confrontées et comment y remédier.
Pour tout savoir sur les anémones, nous vous conseillons notre dossier complet : Anémones de printemps : plantation, culture, entretien et utilisation.
Les maladies fongiques des anémones de printemps
Le mildiou
C’est avec la rouille, le principal ennemi des anémones de printemps. Il provoque d’abord un jaunissement du feuillage, puis l’apparition de taches noirâtres.
Cette maladie fongique se développe en cas d’humidité stagnante et de températures douces.
- Symptômes : des taches noires apparaissent sur le feuillage, bientôt couvertes par un duvet blanchâtre. La floraison est mauvaise ou avortée.
- Traitement : pulvérisation de purin de prêle.
- Prévention : assurez-vous que votre sol est bien drainé : les bulbes n’aiment pas les sols gorgés d’eau qui peuvent être à l’origine de la présence de mildiou. Ajoutez du compost bien décomposé ou un terreau de feuilles pour améliorer la structure du sol. Coupez aussi toutes les parties atteintes.
La rouille
C’est une des maladies les plus fréquentes chez l’anémone (Tranzschelia discolor). Elle survient dans les conditions météorologiques chaudes et humides à la fois, avec une alternance pluie/soleil qui favorise son apparition. La rouille déforme les feuilles.
- Symptômes : les feuilles s’épaississent, des petites pustules orange ou brunes apparaissent sur la face inférieure des feuilles, qui finissent par se nécroser. Les plantes fortement atteintes ne fleurissent pas.
- Traitement : pulvérisation de purin d’ortie, de purin de prêle ou de décoction d’ail sur les feuilles. Utilisation de fongicides naturels à base de cuivre. Élimination des feuilles infectées.
- Prévention : favorisez une bonne circulation de l’air. Évitez les plantations trop denses et arrosez le matin plutôt que le soir.
→ Découvrez notre sujet complet sur la rouille.
Le charbon
Le charbon peut aussi venir contrarier le bon développement des anémones. C’est une maladie provoquée par différents champignons que l’on retrouve aussi chez l’Eranthis ou les Chionodoxa. Le genre de champignon le plus souvent impliqué est Urocystis. Le charbon se multiplie rapidement quand le temps est très humide.
- Symptômes : taches irrégulières et pustules noires présentes sur les feuilles et les tiges, parfois même les fleurs. Flétrissement et jaunissement des parties infectées. Déformation des feuilles et ralentissement de la croissance.
- Traitement : éliminer et détruire les plantes infectées pour éviter la propagation. Ne pas replanter sur la zone infectée avant plusieurs années.
- Prévention : assurer une bonne circulation de l’air autour des plantes. Éviter l’humidité excessive et l’arrosage tardif.
La mosaïque
La mosaïque est une maladie virale qui se manifeste par des motifs de décoloration sur les feuilles, des marbrures souvent en forme de taches jaunes ou claires. On parle aussi de virose chez les anémones. Elle est généralement transmise par des insectes vecteurs comme les cicadelles, les thrips ou les anguillules, et peut affaiblir la plante en réduisant sa capacité à effectuer la photosynthèse. Certaines viroses peuvent aussi être transmises lors de la division ou de la manipulation de bulbes.
- Symptômes : motifs de décoloration sur les feuilles.
- Traitement : éliminer les plantes infectées, car il n’existe aucun véritable traitement !
- Prévention : contrôler les insectes vecteurs, être attentif au bon entretien du jardin et éviter l’introduction de plantes infectées dans le jardin.
Les ravageurs des anémones de printemps
Trois principaux ennemis peuvent s’en prendre aux anémones à bulbes.
Les rongeurs
Comme pour toutes les fleurs à bulbes, les anémones peuvent être la proie de petits rongeurs du jardin. Ce sont principalement les mulots et les campagnols qui peuvent venir les déranger quand ils fouissent le sol à la recherche de nourriture, ou bien les taupes en creusant leurs galeries.
- Symptômes : les bulbes sont déterrés ou endommagés.
- Traitement : utiliser du grillage à poules ou des paniers à bulbes pour protéger les bulbes et les cormes.
- Prévention : planter des répulsifs naturels aux abords du massif (romarin, lavande, absinthe…).
→ Découvrez nos conseils pour éloigner ces rongeurs dans notre article sur les mulots et celui sur la lutte contre le rat taupier ou campagnol terrestre.
Les limaces et les escargots
Les gastéropodes s’attaquent surtout aux anémones blanda (anémone de Grèce). Comme toujours avec ces bestioles, ce sont les jeunes pousses qui sont particulièrement vulnérables.
- Symptômes : les feuilles sont trouées ou partiellement dévorées, on observe des traces de bave sur les feuilles et le sol.
- Traitement : utiliser des granulés anti-limaces de type Ferramol®. Installer des barrières physiques comme des coquilles d’œufs ou de la pouzzolane en couche épaisse autour des plantes.
- Prévention : maintenir le jardin propre en éliminant les débris végétaux où les limaces peuvent se cacher. Arroser le matin pour que le sol soit sec la nuit, période où les limaces sont les plus actives.
Les pucerons
Les pucerons sont de petits insectes facilement reconnaissables, de couleur verte, noire ou jaune, qui s’installent et parfois envahissent les jeunes pousses, les tiges et le dessous des feuilles. Ils s’attaquent surtout aux jeunes pousses des anémones, les déformant et les affaiblissant. En se nourrissant de la sève, ils provoquent un ralentissement de la croissance, un jaunissement du feuillage et une déformation des feuilles.
- Symptômes : jaunissement des feuilles, croissance réduite.
- Traitement : utiliser des insecticides naturels comme la décoction d’ail ou bien une pulvérisation d’eau savonneuse (solution de 5 ml de savon noir dilué dans 1 litre d’eau). Une infusion de savon noir et d’ail peut aider à s’en débarrasser. En cas d’infestation importante, utiliser un insecticide naturel à base de pyrèthre ou d’huile de neem pour asphyxier les pucerons.
- En prévention : surveiller régulièrement les plantes. Introduisez des auxiliaires naturels comme les coccinelles ou les larves de chrysopes, prédateurs des pucerons. Évitez l’utilisation excessive d’engrais azotés.
→ Pour en savoir plus : Pucerons : identification et traitements.
Les nématodes
Les nématodes sont des petits vers microscopiques, invisibles à l’œil nu, qui s’attaquent aux racines et aux cormes. Quand elles sont infestées, les anémones se flétrissent et finissent par dépérir. Les nématodes se propagent principalement par le sol et l’eau d’irrigation, mais ils peuvent aussi être transportés par des bulbes infectés. Les conditions chaudes et humides sont propices à leur développement.
- Symptômes : flétrissement des parties aériennes, jaunissement des feuilles, croissance ralentie, lésions sur les racines.
- Traitement : solarisation du sol (pose d’une bâche plastique transparente sur la zone en plein été pour créer une forte chaleur, tuant les nématodes). Utilisation de plantes répulsives comme les œillets d’Inde (ils contiennent du thiophène qui repousse et réduit la prolifération des nématodes). Pulvérisation de purin de tanaisie.
- Prévention : éviter les sols trop humides.
Nos conseils de prévention pour des anémones en bonne santé
Les anémones de printemps sont rarement affectées par des maladies ou des ravageurs. À la plantation, inspectez toujours votre sachet de cormes pour ne pas planter des bulbes infectés, mous ou moisis. Une inspection régulière des plantes pour détecter les premiers signes de maladies ou de ravageurs sera toujours conseillée, surtout les premières années.
Pour conserver vos anémones de printemps année après année, il suffit de leur offrir de bonnes conditions de culture, car même si elles sont de réputation facile, elles sont, comme de nombreux bulbes, sensibles à l’humidité et des terres non suffisamment drainées leur sont souvent fatales. Un sol riche en matière organique favorise également une croissance saine.
Mis à part cette petite exigence, peu de souci à se faire pour ces adorables fleurs qui viennent colorer les platebandes et les sous-bois de leur délicatesse !
→ En savoir plus dans nos articles Bulbes de printemps : astuces et conseils pour planter vos collections et Tout savoir sur le drainage du sol au jardin.
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